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Quand je rencontra pour la première fois cette petite gourmande,
elle n'avait que 19 ans. Une nuit entière passée au téléphone nous fit
comprendre que nous étions la fusion
d'un Ange et d'un Démon inversant les
rôles au grès de nos envies

4 ans plus tard, nous nous regardons dans les yeux avec
toujours autant de passion et de complicité

L'eau a coulé sous les ponts,
Mel est en passe de devenir institutrice maternelle et moi
je suis devenu entrepreneur Le soir, nous refusionons...

Voilà, vous en savez un peu plus sur nous
Place à la découverte...

Elle

Aujourd'hui, l'autre m'a regardée avec ses yeux d'envies. Ça m'a fait plaisir et ça m'a rendu triste, tellement malheureuse. Ce n'était pas, ce n'était plus toi qui me regardait avec ces yeux là.

Toi, ton regard glisse sur moi, sur mon corps, transparent, vide, néant. Et moi, avec mes poussières
de désir ridicules, mes envies de sexe, de ton sexe, je reste, je cache ma honte d'être celle qui n'est plus désirée.
Car c'est bien cela qui me ronge, je me sens mourir, le sexe sec, le ventre aigri, l'envie de hurler,
d'expulser la douleur de ma fente affamée.

Et lorsque par hasard nous faisons l'amour (terrible illusion des mots) c'est pour me sentir si
vide après, inutile quand tu t'endors, satisfait du devoir accompli.

J'ai oublié quelle douceur avaient tes mains.

J'aimerais que tu me fasses devenir femme à nouveau, être l'amante que tu baiserais jusqu'à être épuisée.
Pas le petit marathon de vingt minutes que tu me réserves une fois par semaine, pour bonne conscience.

Je me caresse en pensant à toi, pour te faire renaître sans te trahir.
Pourtant, quand aujourd'hui l'autre m'a regardée, je lui ai donné un sourire.
J'avais tellement envie de lui ... Puis j'ai pensé à toi, la cruauté prend souvent un visage aimé.


Lui

Chaque jour d'avantage, je me rends compte que seuls les mots en liaison avec la peau, le corps,
le désir, sont encore susceptibles de réveiller en moi quelques soubresauts d'intérêt.

Je dois bien l'avouer, désenchanté des chemins qui n'aboutissent pas résolument aux transpirations
des sens, j'entame à présent un cercle de soumission qui annonce comme inéluctable mon retour
obsédant vers la mémoire envahissante des généreuses initiatrices.

En prenant ce large tournant où je le sais s'accélère l'incubation du final rebours, c'est comme si,
dans cette pénultième course taurine, je rejoignais enfin le coureur sautillant, si longtemps imprécis
devant moi, dont je reconnais à présent parfaitement la foulée magique. Celle-là même, identique et
pour cause, qui me portait avec souplesse aux premières rencontres fusionnelles. Je deviens progressivement
en quelque sorte, le fauve gardien de cet enfant que j'étais. Avec émotion, inventoriant sur le sable de
la dernière corrida ses multiples transpirations haletantes de frêle puisatier,
fardé de joyeuses glaires, au sortir des seuls fonds qui compteront à jamais : ceux incarnés de l'Amour.

Engagé malgré moi dans le pas tourbillonnant de cette danse macabre, je garde encore le goût braisé
des taurides collisions séminales. Jusque quand ? Jusqu'au jour probablement où les mots de la chair,
vidés de leurs sens, deviendront parfaitement imprononçables, s'agitant de dégoût hérissé à l'approche
de ma plume hésitante au-dessus d'un cuir ridé, autrefois pour eux si sublime écritoire des assouvissements.

Il y a quelques temps, j'ai lu ici médusé, sous un trait flamboyant de désirs :

" je me sens mourir, le sexe sec, le ventre aigri, l'envie de hurler, d'expulser la douleur de ma fente affamée. J'aimerais que tu me fasses devenir femme à nouveau, être l'amante que tu baiserais jusqu'à être épuisée."

Quel homme de sang rythmé ne se sentirait instantanément transformé en virtuose des arènes sanglantes sous l'appel lancinant d'un chant aussi mélodieusement comestible ? Viens danser avec moi !

 


Préliminaires

Elle

Mes mains effleurent ta peau, bruissements d'ailes fragiles, aux toucher presque innocent, morceaux
de chair indépendants. J'apprends les contours de ton corps par cur, les yeux fermés pour mieux apprécier
les creux, les bosses, tes cicatrices, chaque millimètre analysé. Ma langue t'explore aussi,
devine le goût que tu as, salé par endroit.

Les frissons de ta colonne vertébrale, le long de mes jambes, entre mes cuisses ; une de tes mains s'y glisse.
Je la retire. Trop vite ! Pas tout de suite ! Mes fesses oscillent doucement,
va et vient lancinant, mime de désir, tu payes tout cela.

Je vais te faire une nuit de rêve, supplice sur plusieurs semaines. Je te bande les yeux. Ça t'excite.
Moi, ça m'amuse de te voir souffle rauque, abandonné à ma merci. Ce soir c'est moi le chat.

Doucement je te chevauche, mes doigts parcourent tes jambes, caressent ton sexe dressé. Le bout de ma langue effleure la pointe de ton pénis, tu ne contrôles plus l'affolement général dans ta tête.

Je me relève, m'habille, te laisse attaché sur le lit.

Peut être reviendrais-je demain ?

 

Lui

Ah que tes caresses me font du bien ! Je devine tes rêves de voyages sur le bord dangereusement
abrupt de mes pulsions sauvages. Mais ne sais-tu pas encore que ma nature est pour toujours invertueuse.
Propre à te saisir en fraîcheur et te laisser en grosseur sans en répondre et sans qu'il m'en coûte
de réouvrir aussitôt à d'autres appétits le parcours festif que tu empruntes à cet instant.

J'aimerais pouvoir t'en instruire. Mais déjà tu t'avances en vagues brunes sur ma peau sans
tempérance. Ennoyant de ta belle salive les repères laissés par d'autres langues. Au défi cadencé
de ma turgescence, ton feuillage vésiculeux se répand sur ma paume en écume d'algues roses.

Viens ! Vite ! Ouvre-toi ! Donne-moi sans tarder à bonder ton issue !

Mais que fais-tu ? Pourquoi ces jeux inutiles alors que mon sang me brise dans et hors ta bouche ?

Où vas-tu ? Quoi ! Tu pars en voyant mon sexe se ruer dans le vide !

Demain dis-tu ! Prends garde à toi ! Demain sera la somme de mon désir.

EMAIL: Tu veux nous écrire ?

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